Flåm ou la saga Kenar dans un fjord

J’avais lu que la ligne de train Oslo-Bergen était l’une des plus belles au monde. Bien que je n’ai pas pris le train aux 4 coins du globe, je confirme, le trajet est incroyable et ce même en hiver avec les nuances de gris qui flashent sur le blanc*. Durant le trajet, je me suis dit que cela pourrait être cette ligne dont il est question dans le roman de Jan Guillou : les ingénieurs du bout du monde. Et c’est le cas. Du coup, en passant parmi ces paysages d’hiver je suis encore plus admirative des prouesses que ces hommes ont accompli lors de la construction de cette ligne.

Nous passons par des massifs montagneux, la ligne parcourt une bonne partie sur un plateau à environ 1200m d’altitude, ce qui en fait la ligne la plus haute d’Europe. Bref si vous venez un jour en Norvège, ne vous privez pas de ce périple.

Nous sommes arrivés à Flåm, minuscule village au fond du fjord Aurlandsfjorden. Nous avons été bien surpris du nombre de visiteurs présents avec nous en février au milieu de nulle part, certes c’est un lieu indiqué dans de nombreux sites internet et guide et qui attire du monde même en hiver.

* tiré de la chanson des Fatals Picard

On ne choisit pas son enfance
On m’a pas laissé être droitier
Mon père n’m’emmenait jamais au square
Mais aux réunions d’Comité
Mon père était tellement de gauche
qu’on habitait rue Jean Jaurès
En face du square Maurice Torrez
Avant d’aller vivre à Montrouge

On a été en URSS l’hiver
Les pays de l’Est c’est mieux l’hiver
On voit bien mieux les bâtiments,
les nuances de gris ça flashent sur le blanc
Devant la statue de Lenine
pour nous c’était le grand frisson
Moins 24 c’était pas terrible
et les chapkas étaient en option
Mon père était tellement de gauche
que quand est tombé le mur de Berlin
Il est parti chez Casto pour acheter des parpaings

On mangeait des Lenin’s burger
Fallait vraiment faire attention
T’avais du choux, une pomme de terre,
la viande elle était en option
On achetait du coca kolkose approuvé par le Comité
Ça devait soigner la silicose,
on s’en servait pour désherber
On regardait pas la contrebande,
on regardait pas la corruption
La Sibérie c’était Disneyland,
le discernement en option

Mon père était tellement de gauche
qu’à son mariage dans l’église
On chantait l’Internationale,
les femmes portaient des faux cils
Mon père était tellement de gauche
qu’on a eu tout plein d’accidents
Il refusait la priorité a droite, systématiquement

Les copains se foutaient de moi tout le temps
car à l’école au premier rang
J’avais les lunettes de Brejnev
et le dentier d’un Tupolev
Mon père était tellement de gauche
qu’en 81 il croyait que ça changerait
Je sais pas quelle tête il aurait fait
En 2002 en allant voter

Et même si tout ce que je raconte
n’est pas tout a fait vrai
Le socialisme comme paradis nous on y croyait
Mon père était tellement de gauche
que lorsqu’il est parti
La gauche est partie avec lui
La gauche est partie avec lui

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